Les espions de Fritz Lang


Synopsis

Le réseau d'espions sévit impunément dans l'Allemagne de la fin des années 20 et les services secrets semblent dépassés.  On confie alors à l'agent n°326 la lourde tâche de traquer le chef de cette organisation. Sa mission sera semée d'embûches et de rencontres, notamment celle avec la fatale Sonja qui fera tout basculer.

Pourquoi Fritz Lang signe-t-il avec ce film un retour au genre qui l'a fait connaître à ses débuts, après avoir tourné des longs-métrages d’une ambition folle comme Les Nibelungen ou Metropolis ? Il déclarera lui-même aux journalistes que c’est un petit film mais avec beaucoup d’actions. Il est vrai que les péripéties ne manquent pas : course poursuite, accident ferroviaire, meurtre, suicide, poursuite, un faux-mendiant qui tombe amoureux d’une espionne, des femmes fatales qui conduisent au suicide et un criminel de haut vol.


Il faut dire que la catastrophe financière de Metropolis, son précédent film, rend plus que frileux la société de production UFA, qui aimerait bien se débarrasser de ce réalisateur orgueilleux et autoritaire. Mais ils ne peuvent pas rompre son contrat et il lui reste deux films à tourner. « Les espions », un film d’action sensationnaliste et d’espionnage comme son titre l’indique, sera donc son prochain film, destiné à compenser l’échec de Metropolis.
 

Mais est-ce vraiment un si petit film ? Pas si sûr. Le rythme est enlevé et les courses poursuites impressionnantes pour l’époque. Fritz Lang, à défaut de budget conséquent, délaisse les plans d’ensemble au profit de plans plus rapprochés, révélateur de la nature des personnages. Les décors sont moins grandioses, de structures plus minimalistes et ultramodernes. Terminés les décors expressionnistes ou gothiques, nous sommes dans le néoréalisme. A l'exception de quelques scènes, comme cette petite séquence onirique qui est du meilleur effet.


La lumière est également très importante, les décors étant éclairés par des plafonniers et des lampes de mercure. Un superbe escalier métallique attire toutefois tous les regards.



Ce film signe sa première contribution avec un des acteurs fétiches de l’UFA, Willy Fritsch. Un peu lassé des rôles de jeune charmeur, il enfile avec joie son déguisement de clochard en changeant de registre dans la première partie du film.

 
C’est Fritz Lang qui découvre l’actrice Gerda Maurus, une actrice de théâtre qui n’a aucune expérience au cinéma et qui deviendra une de ses nombreuses maitresses.



Ce DVD est en tout cas une petite merveille. Superbement restauré par la Fondation Murnau, qui en absence du négatif original, utilisera les films nitrates en prenant pour base une copie conservée aux Archives du Film de Prague. Les scènes manquantes sont, quant à elles, complétées par des éléments provenant d’autres cinémathèques. Cette version longue (145 minutes) est complétée d’un documentaire de 89 minutes (tournage, témoignage des enfants de acteurs Willy Fritsch et Gerda Maurus, le travail de restauration, l’accueil du film et ses conséquences), qui se révèle tout simplement passionnant.





Titre : Les espions (Spione)
Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs :  Rudolf Klein-Rogge, Gerda Maurus, Willy Fritsch
Genre : Film muet policier, d'espionnage et d'action
Nationalité : Allemand
Date : 1928
Durée : 145 minutes

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