L'acteur Conrad Veidt

Conrad Veidt

L’acteur Conrad Veidt (Potsdam 1893 - Hollywood 1943),  figure emblématique du cinéma expressionniste allemand des années vingt, est actuellement à l’honneur à la Cinematek de Bruxelles (suivre le lien CYCLE CONRAD VEIDT : DE CALIGARI À CASABLANCA). Marié à une actrice d’origine juive, il quittera l’Allemagne dès 1933 pour poursuivre sa carrière d’acteur en Grande-Bretagne, en France et aux États-Unis. De 1916 à 1943, il aura joué dans plus de cent films.

Un petit aperçu :



Opium de Robert ReinertOswald
Acteurs : Conrad Veidt, Werner Krauss, Sybill Morel
Année de production : 1919

Synopsis : Un médecin effectue des recherches sur l’opium de façon à éliminer ses pouvoirs addictifs. Meurtre, sexe et drogues, pour l'un des films les plus populaires de l'entre-deux-guerres en Allemagne, joué par les deux futures vedettes de Caligari, dont Conrad Veidt.


Cauchemars et hallucinations (Unheimliche Geschichten) de Richard Oswald
Acteurs : Reinhold Schünzel, Anita Berber et Conrad Veidt
Année de production : 1919
Synopsis : Une série de courts récits d'épouvante adaptés de quelques grands maîtres du genre, dont Edgar Allan Poe (Le Chat noir) et Robert Louis Stevenson (Le Club des suicidés). Différentes interprétations de Conrad Veidt (qui apparaît dans chacun des sketchs), dont une inoubliable incarnation de la Mort.



Différent des autres (Anders als die Andern) de Richard Oswald
Acteurs : Conrad Veidt, Leo Connard, Ilse von Tasso-Lind
Année de production : 1919
Synopsis : Un célèbre violoniste est victime d'un chantage de la part d'un prostitué. Refusant de céder au maître-chanteur, son homosexualité est mise au grand jour. Sa réputation est ruinée, et, ne supportant plus l'opprobre publique, il se suicide. Un brillant réquisitoire contre les préjugés homophobes, censuré à sa sortie.



Le Cabinet du docteur Caligari (Das Cabinet des Dr. Caligari) de Robert Wiene
Acteurs : Werner Krauss, Conrad Veidt
Année de production : 1920
Synopsis : Sur un champ de foire, un mystérieux docteur exhibe un inquiétant somnambule.

Notation : ☆☆☆


Le Crime du docteur Warren (Der Januskopf) de Friedrich Wilhelm Murnau
Acteurs : Bela Lugosi, Conrad Veidt, Magnus Stifter
Année de production : 1920

Synopsis : Evocation libre de Docteur Jekyll et M. Hyde.



Le Tombeau hindou de Joe May
Acteurs : Conrad Veidt, Mia May, Olaf Fønss
Année de production : 1921

Synopsis : Une BD à l'orientale, mêlant passion et magie au thème-clé de la vengeance.



Les Mains d'Orlac (Orlacs Hände) de Robert Wiene
Acteurs : Conrad Veidt, Fritz Kortner, Alexandra Sorina
Année de production : 1924
Synopsis : Un pianiste contrôlé par les mains d'un criminel qu'on lui a greffées. Tirée du roman de Maurice Renard, une histoire à la Docteur Jekyll et Mister Hyde aux ambiances expressionnistes.

Notation : ☆☆☆


Le cabinet des figures de cire (Das Wachsfigurenkabinett) de Paul Leni
Acteurs : Emil Jannings, Werner Krauss
Année de production : 1924

Synopsis : Un jeune poète déambule dans un musée de cire et est invité à raconter l’histoire de trois tyrans : Haroun-al-Raschid, Ivan le Terrible (Conrad Veidt) et Jack l’Éventreur. Film se référant du cinéma expressionniste allemand, réalisé par le disciple de Max Reinhardt, Paul Leni.

Notation : ☆☆(☆)


L'Homme qui rit (The Man Who Laughs) de Paul Leni
Acteurs : Conrad Veidt, Mary Philbin, Juliu Molnar Jr.
Année de production : 1928
Synopsis : Au 18e siècle en Angleterre, un jeune enfant dont le père a été assassiné, est défiguré : on lui a fendu la bouche d'un coup de couteau jusqu'aux oreilles - une adaptation d’Hugo qui unit dans un même geste, émancipation politique et émancipation esthétique.

Notation : ☆☆☆☆



Le Joueur d'échecs de Jean Dréville
Acteurs : Françoise Rosay, Conrad Veidt, Bernard Lancret
Année de production : 1938
Synopsis : Dans la Russie du 18e siècle, la résistance polonaise face l'impératrice Catherine II, aidée par un étrange et original baron (Conrad Veidt) qui s'entoure d'automates de sa fabrication.

Notation : ☆☆☆(☆)


L'espion noir (The Spy in Black) de Michael Powell
Acteurs : Valerie Hobson, Sebastian Shaw
Année de production : 1939

Synopsis : Pendant la Première Guerre mondiale, le capitaine d’un sous-marin allemand est chargé d’espionner la flotte britannique avec l’aide d’une espionne installée sur la côte anglaise.



Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad) de Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan
Acteurs : Conrad Veidt, Sabu, June Duprez
Année de production : 1940

Synopsis : La lutte d’un jeune voleur contre le Grand Vizir, avec l’aide de son ami le Calife et d’un Génie. Tourné au début de la guerre, un spectacle féerique tiré des Mille et une Nuits.



Casablanca de Michael Curtiz
Acteurs : Ingrid Bergman, Humphrey Bogart, Peter Lorre
Année de production : 1942

Synopsis : Dans un Casablanca de studio peuplé de nazis, de collaborateurs et de résistants, le couple Bergman-Bogart pris dans la tourmente de la guerre et des sentiments.



Présentation de l'acteur par la Cinematek de Bruxelles :

Bien que moins connu que Emil Jannings, Conrad Veidt n’en est pas moins un des protagonistes les plus importants du cinéma expressionniste allemand des années vingt. Inquiet de la popularité croissante des Nazis, il prit le chemin de l’exil vers la Grande-Bretagne et ensuite vers les États-Unis. CINEMATEK propose un aperçu de la diversité de ses créations à travers quelques sommets de sa filmographie.
La physionomie filiforme de Veidt le prédestine à incarner les personnages terrifiants de l’expressionisme allemand. Son interprétation la plus célèbre est sans aucun doute celle de Cesare, le somnambule qu’utilise le personnage principal du Cabinet du docteur Caligari pour commettre son crime.
D’autres films phares de cette période sont entre autres Cauchemars et Hallucinations et Opium. Son interprétation la plus impressionnante dans ce genre de films reste certainement L’Homme qui rit, production états-unienne de son compatriote Paul Leni, pour qui il avait déjà produit une performance excellente dans Le Cabinet des figures de cire. Mis à part l’Homme qui rit, il y a peu de films à retenir de cette courte première période à Hollywood. De retour en Allemagne, c’est avec une assurance remarquable que Conrad Veidt effectue le passage du muet au sonore. Il se fait remarquer, entre autres, dans la comédie musicale Moi et l’impératrice, du compositeur et réalisateur occasionnel Friedrich Hollander. En 1941,Veidt s’établit de manière définitive à Hollywood où il décède deux ans plus tard d’une crise cardiaque. Le nombre de films qu’il tourne là-bas est restreint, le plus connu étant ni plus ni moins Casablanca. Avant d’arriver en Californie, l’acteur a cependant connu huit ans d’une activité intense au sein de l’industrie cinématographique britannique. Il y a incarné des rôles magistraux dans trois films de Michael Powell (avec ou sans la contribution de Emeric Pressburger) : L’Espion noir, Espionne à bord et Le Voleur de Bagdad, films qui révèlent que Veidt n’est pas condamné à jouer des personnages lugubres pour briller.


A découvrir également sur ce blog, avec l'acteur Conrad Veidt :

L'Homme qui rit de Paul Leni
Les Mains d'Orlac de Robert Wiene
Le joueur d'échecs de Jean Dréville

 

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