samedi 6 janvier 2018

L'Ensorcelée de Jules Barbey d’Aurevilly

Nous sommes aux lendemains de la Chouannerie, dans une campagne normande hantée de légendes populaires, de vieilles femmes superstitieuses et de pâtres jeteurs de sorts. Pays de rumeurs dans lequel les commères peuvent déployer tout leur art :
C'étaient toutes les deux ce qu'on appelle de ces langues bien pendues qui lapent avidement toutes les nouvelles et tous les propos d'une contrée et les rejettent tellement mêlés à leurs inventions de bavardes que le Diable, avec toute sa chimie, ne saurait comment s'y prendre pour les filtrer. 

Ancien Chouan, l'abbé de La Croix Jugan revient au village complètement défiguré :
Chouans perdus, il s’est tiré d’une arme à feu dans le visage. Dieu n’a pas permis qu’il en soit mort, mais il lui a laissé sur la face l’empreinte de son crime inaccompli, pour en épouvanter les autres et peut-être pour lui en faire horreur à lui-même. Nous en avons tous tremblé hier, à l’église de Blanchelande, quand il y a paru. 

Tous ? Pas vraiment : lorsque Jeanne-Madeleine de Feuardent, épouse du maître Thomas Le Hardouey, assiste aux vêpres de Blanchelande et remarque pour la première fois cet abbé inconnu au capuchon noir, alors à genoux près de l'officiant, « rigide comme la statue du Mépris de la vie, taillée pour mettre sur un tombeau», ce n’est pas la peur qui prédomine mais la curiosité et l’envie.

Cet abbé de la Goule-Fracassée au visage ravagé exerce sur Jeanne-Madeleine un tel pouvoir de séduction qu’elle ne peut que soupçonner quelques diableries sous-jacentes. D’autant plus que cette passion diabolique à l’endroit de l’encapuchonné, loin de s’éteindre mais au contraire s’amplifiant au fil du temps, ne sera jamais payé en retour par l’abbé :
C’était une de ces âmes tout en esprit et en volonté, composées avec un éther implacable, dont la pureté tue, et qui n’étreignent, dans leurs ardeurs de feu blanc comme le feu mystique, que des choses invisibles, une cause, une idée, un pouvoir, une patrie ! Les femmes, leurs affections, leur destinée, ne pèsent rien dans les vastes mains de ces hommes, vides ou pleines des mondes qui les doivent remplir. 

Mais la passion a ses raisons que la raison ignore, aussi diabolique soit-elle. Jeanne-Madeleine Feuardent ne le sait pas encore mais ces vêpres lui seront fatales et tous les éléments sont en place pour amener au drame et à la tragédie humaine…

Il n’y a pas à dire mais Jules Barbey d’Aurevilly sait y faire pour vous poser une ambiance fantastique crépusculaire ! Roman d’atmosphère ayant pour cadre la lande de Lessay, l’auteur exploite au mieux la poésie des lieux et les craintes superstitieuses pour aborder les affres de la passion de l’homme aux prises avec le péché.

L’écriture de l’auteur se révèle excessive, avec parfois cette impression d’en faire ‘trop’, mais le pouvoir de suggestion qu'il met en place laisse au lecteur le soin d’interpréter son récit comme il l’entend. Si les opinions politiques et religieuses de l’auteur se dévoilent sans peine au détour d’une phrase bien tournée, la puissance imagée de son écriture, ses tournures de phrases et l’utilisation, ici et là, du patois normand sont un véritable régal, l’auteur parvenant à camper le caractère d’un personnage en quelques coups de plume bien affûtée.

Petit florilège pour terminer ce billet :

Le lavoir n’était pas tout à fait sur la route qu’avait à suivre Simone Mahé pour regagner le bas du bourg, mais la flânerie qui est aux vieilles femmes ce qu’est dans le nez du buffle l’anneau de fer par lequel on le mène, fit suivre à la Mahé le chemin du lavoir avec l’autre commère.

[...]

Elle ressemblait à une vieille pelote couverte d’aiguilles, et dans laquelle on en pique toujours une de plus.

[...]

On jurerait qu’il porte un meurtre à califourchon sur la jointure de ses sourcils.

[...]

Mais, Dieu de Dieu ! où donc a-t-il pris ces effroyables blessures qui lui ont retourné le visage comme le soc de la charrue retourne un champ ? 

Ce roman, imbriquant habilement l’histoire de la chouannerie, les croyances païennes teintées de satanisme sans oublier le paysage et le caractère normand, aborde avant tout les passions humaines dans ce qu’elles ont de plus destructrices, laissant derrière elles leurs lots de déchéances et de désespérances. Passions tellement inavouées et inavouables qu’il est parfois plus aisé de les mettre sur le compte d’une quelconque malédiction d’un pâtre jeteur de sorts que de les assumer pleinement.


La postérité aura mis du temps à reconnaître Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) comme l’un des siens. Réactionnaire dans l’âme à la personnalité hybride, ancien dandy invétéré à la réputation byronienne converti au catholicisme le plus intransigeant, royaliste vantant le charme des traditions fortes et le respect des castes au détriment de l’industrialisation et du scientisme, Jules Barbey d’Aurevilly prônait des valeurs qui allaient totalement à l’encontre de l’idéal républicain de son époque. Aujourd’hui, ces controverses nous indifférent suffisamment pour apprécier davantage cet éternel opposant, au romantisme noir exacerbé.

Paru initialement en 1852 en feuilleton, "L'Ensorcelée" sera publié en volume en 1854. Devant être complété par d’autres récits ayant pour thème principal la Chouannerie – afin de rendre hommage à ces soldats de buisson à une époque où la Chouannerie semblaient déjà appartenir à une époque lointaine – seul "Le chevalier Des Touches" paraîtra par la suite.




Sa nouvelle la plus connue demeure Le bonheur dans le crime, publiée dans le recueil de six nouvelles intitulé Les diaboliques, que je vous conseille également. 

Quatrième de couverture de l'édition Flammarion, dans la collection GF :

Une adolescente se rêve enceinte de l'amant de sa mère (Le Plus Bel Amour de Don Yuan) ; une femme empoisonne l'épouse de son amant avant de goûter avec lui une félicité dépourvue de tout remords (Le Bonheur dans le crime) ; une duchesse espagnole, pour punir son mari d'avoir tué son amant, déshonore son nom en se prostituant (La Vengeance d'une femme). Les Diaboliques (1874), ce sont six histoires de femmes qui cultivent en un recueillement impie leur péché, six nouvelles de passion, d'adultère et de crime, qui valurent à l'auteur un succès foudroyant. Accusé de diabolisme, menacé de poursuites pour outrage aux bonnes mœurs, il dut se défendre en prenant la posture du moraliste chrétien, peintre critique de la société de son temps et des "crimes de l'extrême civilisation". Contre les bien-pensants, Barbey d'Aurevilly eut l'audace de donner à voir, dans un style aussi luxuriant que cynique, la puissance vertigineuse du désir érotique et ses perversions.


L’Ensorcelée par Jules Barbey d’Aurevilly, Chronologie Jean-Pierre Seguin, Préface Jean-Pierre Seguin, Bibliographie Maud Schmitt, nouvelle édition, GF (n° 121) - Littérature et civilisation,  Paru le 06/01/2016, Genre : Littérature classique 

Les Diaboliques par Jules Barbey d’Aurevilly, GF - Littérature et civilisation, Paru le 28/08/2013, Genre : Littérature classique 




22 commentaires:

  1. J'avais beaucoup aimé L'ensorcelée (que l'auteur en fait trop ne m'a pas marquée...). Barbey d'Aurevilly parvient à faire d'un personnage à peine plus présent qu'une ombre, un héros très marquant, c'est très fort, je trouve.. et oui, tout à fait d'accord sur cette atmosphère, à la fois oppressante et envoûtante.
    J'ai Une vieille maîtresse dans ma PAL, mais c'est un poche tout jauni avec des caractères minuscules, du coup j'en ai jusqu'à présent repoussé la lecture...

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    1. J'ai justement jeté un œil à ta PAL tout à l'heure, et j'ai tout de suite remarqué Une vieille maîtresse, qui est dans ma PAL également. Pour tout te dire, j'ai acheté, il y a plusieurs mois déjà, Romans de Barbey d'Aurevilly dans la collection Quarto Gallimard :
      http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Romans4

      Si ton exemplaire en poche tout jauni ne te repousse pas trop, ce serait sympa de se faire une lecture commune avec ce titre ! J'en profiterai pour continuer avec Le Chevalier Des Touches, qui me tente depuis longtemps (j'adore le titre).

      Qu'en penses-tu ?

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    2. Volontiers, c'est l'occasion de sortir enfin ce pavé de mes étagères ! En revanche, cela m'arrangerait plutôt pour mars/avril.

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    3. Je ne m'étais pas rendue compte du pavé qu'il était (difficile de se faire une idée dans la collection Quarto) mais effectivement, il y en a des pages à lire. Cela me convient très bien, je n'ai pas de lecture commune pendant mars/avril, je te laisse le choix de la date, qui te convient le mieux.

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    4. Disons pour le 31 mars, ça coupe la poire en 2 ?

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    5. Ok, va pour le 31 mars !

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    6. Du coup, j'ai fait comme toi, j'ai acheté le Quarto. C'est bizarre, Une vieille maitresse semble beucoup plus court dans cette édition !
      Et du coup, je t'accompagnerai peut-être aussi pour la lecture du Chevalier Destouches !

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    7. C'est étrange, pas vrai ? Et bien, j'ai l'impression que je n'ai pas diminué ta PAL en te proposant cette LC :)

      Mais oui, c'est une bonne idée de poursuivre avec Le Chevalier Des Touches.

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  2. Dis donc, ça fait envie ! Je n'ai lu qu'une nouvelle de Barbey d'Aurevilly, mais j'avais effectivement adoré son atmosphère romantico-crépusculaire, teintée d'un soupçon de fantastique. Cela vaudrait le coup que je m'y remette !

    Je t'avoue que je ne lis pas autant que toi et que, ces derniers mois, j'ai vraiment eu du mal à finir les bouquins que je commençais, la faute sans doute à une certaine fatigue devant un "produit" moins instantané qu'un film. Je me replonge doucement dans la littérature et n'exclus donc pas de mieux commenter tes chroniques consacrées à l'art de l'écriture et à tes découvertes livresques.

    Pour l'heure, je suis sur un Agatha Christie. Devraient suivre un Jules Verne et un Jean-Christophe Ruffin. Si tout va bien.

    Bonne week-end, Sentinelle !

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    1. Oh oui, cela vaudrait le coup que tu t'y remettes ! J'aime beaucoup son écriture excessive et parfois précieuse mais Ô combien tourmentée, ciselée, prenante et passionnante. Avec ces lieux hantés de la mémoire des hommes.

      Je ne lis pas autant que je le voudrais (je fantasme souvent sur une retraite dans un monastère - moi qui ne suis pas croyante - avec tous mes livres à lire qui m'attendent avec impatience sur mes étagères - il va de soi que je les embarquerais avec moi - coupée du monde en compagnie de mes auteurs chéris), mais je crains que cela restera de l'ordre du fantasme.

      J'aimerais aussi revenir vers mes auteurs de jeunesse, comme Agatha ou Jules Verne. Lire enfin Michel Strogoff, dont l'adaptation en feuilleton m'avait tant marquée dans mes jeunes années. Et si une lecture commune te tente, n'hésite pas à m'en informer.

      Très bon week-end à toi également, Martin !

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  3. Je l'ai lu l'an dernier. C'est effectivement un roman un peu extrême mais qui restitue bien une époque complexe dont Barbey d'Aurevilly n'aiami guère les aspirations nouvelles. Mais la lande, la paysannerie, la lisière fantastique sont si bien évoquées. Rumeurs, marais, bigoterie. Bonne journée.

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    1. Merci de ton passage, eeguab. Très bon dimanche à toi également !

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  4. J'ai lu Les diaboliques il y a près de vingt ans. Mais à part quelques pages du Rideau cramoisi et l'impression d'un style aussi riche que compliqué, je ne me souviens de rien, ce qui n'est pas bon signe. Cela dit, je relirai volontiers du Barbey pour me rafraichir la mémoire, par exemple cet Ensorcelé ou Une Vieille maitresse. Mais pas tout de suite. J'ai plein d'envies de lecture en ce moment, et ma pile de livres à lire a encore enflé... :)

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    1. Oh, ne pas se souvenir de sa lecture de quelques nouvelles après tant d'années, c'est juste le signe que la mémoire n'est pas infinie et ne préjuge en rien quant à la qualité du talent de l'auteur ;-) Je serais bien curieuse de connaître le contenu de ta PAL ! Cette année, ce sera Tolstoï qui sera à l'honneur :)

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  5. Ouh là, là, ma pile de livres à lire... :) Impossible de tout citer, mais dans un futur que j'espère proche, et de tête : L'Aveuglement de Saramengo, La Splendeur du Portugal de Lobo Antunes, Le Livre de l'intranquilité de Pessoa, finir enfin L'homme sans qualité de Musil (suis bloqué au milieu du tome 2 depuis deux ans, peut-être parce que je sais que le livre est inachevé), le Pont sur la drina d'Ivo Andric, Après-guerre de Tony Judt (tiens, tiens ;) ), Perturbation de Thomas Bernardt, Vie de poète de Walser, me remettre à la philosophie, finir L'Ange des ténèbres de Sabato, finir La troisième balle de Leo Perutz, finir La Sonate à Kreutzer de Tolstoï, Ada ou Ardeur ou Feu pâle de Nabokov, Effondrement de Jared Diamond, Le pauvre coeur des hommes de Soseki, et je ne peux les citer tous, je m'arrête là !

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    1. J'ai beaucoup aimé L'Aveuglement de Saramengo, La troisième balle de Leo Perutz, ainsi que la trilogie de Sabato. Tu cites quelques romans qui sont dans ma LAL, d'autres dans ma PAL. Finalement, je constate que tu as autant, si pas plus, de romans à lire que moi. Tu pourrais également te retirer dans un monastère pour y venir à bout (mais c'est aussi un plaisir de se dire que beaucoup de bons romans nous attendent) ;-)

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  6. Mais oui, 10 ans dans un monastère ne seraient pas de trop, car je n'ai pas tout dit, loin s'en faut ! :) Je pense que je pourrais m'arrêter de voir des films, mais pas de lire des livres. J'ai beaucoup aimé les deux premiers livres de la trilogie de Sabato, j'ai juste commis l'erreur d'avoir laissé passer trop de temps après avoir lu le très beau Héros et Tombes. Bonne fin de lecture de Guerre et Paix que tu es en train de lire je crois. ;) (Ah, le prince André en train de regarder le ciel...)

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    1. De même, à choisir, je garderai la lecture, sans l'ombre d'une hésitation :)

      J'avais commenté ma lecture de la trilogie dans un forum littéraire. Je ne résiste pas à reprendre un extrait que j'avais cité (petit clin d'oeil à la littérature russe) :

      "Le monde pouvait-il être autre chose qu'un chaos plein de méchanceté, d'injustice et de souffrances ? Comment ne pas me réfugier dans la solitude et dans les mondes lointains de la fantaisie et du roman ? Il est presque inutile de vous dire que j'adorais Schiller et ses bandits, Chateaubriand et ses héros américains, le Goetz von Berlichingen. J'étais mûr pour aborder la littérature russe [...]"

      J'avais lu les trois d'une traite, et c'est préférable, effectivement.

      Figure-toi que la vision de la mini-série britannique, diffusée dernièrement à la télévision, Guerre et Paix (War & Peace) par Tom Harper, m'a donnée envie de relire le roman. En fait, je n'ai jamais lu le deuxième tome. Je reprends donc tout à zéro, vingt ans après ma première lecture du premier tome, pour passer enfin au deuxième. Un projet que j'avais depuis bien longtemps, la série fut donc un déclencheur d'une bonne résolution, déjà ancienne. Ah le prince André ! Le personnage était par ailleur très réussi et excellemment interprété dans la série.

      C'est drôle ce que tu dis (Ah, le prince André en train de regarder le ciel...), car je fais le lien avec ma précédente lecture, La promesse de l'aube de Romain Gary. Sa mère lui demandait souvent de lever ses yeux au ciel. C'est vrai qu'ils étaient beaux, mais ils lui rappelaient surtout les yeux du père de Romain Gary, qui l'avait quittée. C'était sa manière à elle de retrouver son ancien amour et de continuer à rêver un peu...

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  7. Bel extrait, je crois reconnaitre le mélange de sincérité et de sentimentalisme du personnage principal de Héros et Tombes. En parler me donne envie de reprendre sur le champ L'Ange des Ténèbres. Allez, je m'y mets ! :) Pour Guerre et paix, tu fais bien de le finir ou de le relire. Je l'ai lu il y a vingt ans et celui-là, je m'en souviens beaucoup mieux que Barbey. Et puis la scène émouvante avec le Prince André dont je parlais est dans le deuxième tome. Bonne lecture !

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    1. Oui, c'est un extrait de Héros et Tombes. J'avais noté, à l'époque : Les références littéraires sont à rechercher du côté des romantiques et philosophes allemands comme Schiller, Goethe et Nietzsche. Sans oublier Rousseau, Chateaubriand, Rimbaud, Baudelaire, Hofffman, Maupassant, Kafka ainsi que les russes Dostoïevski, Lermontov, Gogol et Tolstoï.

      Oh, tu es de mauvaise foi, Strum ! Comment ne pas mieux se souvenir d'un pavé comme Guerre et Paix que de quelques nouvelles de Barbey, on ne peut décemment pas comparer les deux ;-)

      Je considère également le prince André comme un personnage à part dans le roman, son côté ténébreux, fier, altier, entier, mélancolique et suicidaire. Très séduisant, en somme :)

      Merci Strum, je vais prendre tout mon temps pour le lire. Je ne sais pas pourquoi, mais je lis plus lentement les pavés, comme si c'était important de prendre son temps pour bien s'en imprégner.

      Et bonne continuation à toi avec Sabato, cette trilogie est absolument incroyable, il y a même des passages qui me faisaient penser à Lovecraft. Je la relirai sans doute un jour ou l'autre.

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  8. Oui, j'étais un peu de mauvaise foi pour Barbey. ;) C'est vrai qu'il y a un passage lovecraftien au début de l'Ange des ténèbres et tout le passage sur la secte des aveugles (!) dans Héros et tombes relève un peu du même fantastique paranoïaque. Je me remets au Sabato... dès que j'achève Un homme qui dort de Pérec que je suis en train de finir.

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    1. "Comment n'ai-je pas vu ce haut ciel plus tôt ? Et comme je suis heureux de le connaitre enfin. Oui ! tout est vanité, tout est mensonge, hormis ce ciel infini. Rien, il n'y a rien d'autre que lui. Mais il n'y a même pas cela, il n'y a rien, hormis le silence, l'apaisement. Et Dieu en soit loué..."

      Voilà exactement où j'en suis dans ma lecture, petite pensée pour toi, Strum, puisque tu m'en as parlé dernièrement ;-)

      Les références littéraires qu'on peut retrouver dans l'écriture de cette trilogie sont très nombreuses. On peut penser que Sabato s'est fait plaisir (tout en rendant hommage à ses auteurs de prédilection), et nous avec lui. Je voulais juste préciser que toutes ces références littéraires ne viennent pas de moi (j'en ai lu beaucoup dans la liste mais pas tous), mais bien de la présentation de Oeuvres romanesques de Ernesto Sabato (publié aux éditions du Seuil) par Jean-Didier Wagneur.

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