dimanche 26 février 2017

Hooverphonic - Eden


Hooverphonic est un groupe de Trip hop belge formé en 1995. Il est composé par Alex Callier (bassiste), Raymond Geerts (guitariste), Frank Duchêne (clavier) et la chanteuse Esther Lybeert (troisième chanteuse depuis la formation du groupe). 

Eden fait partie de leur deuxième album, Blue Wonder Power Milk, sorti le 11 août 1998. Geike Arnaert est la chanteuse du groupe à cette époque, qu'elle quitte en 2008 pour se consacrer à des projets plus personnels. La chanteuse qui prend le relève jusqu'en mars 2015 se prénomme Noémie Wolfs,  mais j'en reparlerai une prochaine fois...

Geike Arnaert - Hooverphonic en concert à la Soundstation, Liège, 23 mai 2007
Source : http://cliketclak.skynetblogs.be/tag/geike+arnaert

samedi 25 février 2017

Ma vie de courgette de Claude Barras

Ma vie de courgette de Claude Barras
Avec Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud
Suisse, France - Sortie 2016


Synopsis

Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux. 

Public ciblé : entre 8 et 12 ans.


Mon avis

Ce film d'animation en volume (ou stop-motion), qui navigue entre l'univers de Jiří Trnka, Hayao Miyazaki, Tim Burton et Ken Loach, avait fait beaucoup parler de lui en 2016. Les qualités graphiques de cette adaptation du roman "Autobiographie d'une courgette" de Gilles Paris sont indéniables et les personnages sont extrêmement attachants. On ne peut d'ailleurs que fondre devant cette innocence enfantine et s'émerveiller devant le travail effectué (quinze plateaux de tournage, deux ans de fabrication-tournage, une soixantaine de décors peints, 54 marionnettes dans trois déclinaisons de costumes, plus de 150 artisans).  Quelques scènes sont également très réussies, mention spéciale pour la scène dansante sur Eisbär de Stefan Eicher. Un très joli univers visuel donc, dans lequel l'affection envers les personnages transparait sans peine.  Un film sur l'enfance maltraitée qui ne verse jamais dans le misérabilisme dans la mesure où les enfants ont trouvé un refuge accueillant et bienveillant. Quelques petites bémols, tant j'aurais aimé (en tant que spectateur adulte, tant j'ai bien conscience de ne pas faire partie du public cible) un propos un peu plus étoffé et une psychologie des personnages un peu moins linéaire. Mais bon, on craque avec une facilité déconcertante pour l'ensemble, et si Claude Barras nous dit que le cinéma est avant tout une question de regard, et bien on ne peut qu'adhérer au sien, bourré de tendresse.  Et ces petits habits tricotés.... trop mignons ! Et bien oui, vous pouvez me regarder avec vos grands yeux ronds les garçons, mais je vous trouve mimi comme tout et c'est comme ça et pas autrement. 


Ce qu'en dit Alex-6 : "CLAUDE BARRAS a choisi de colorer le tout avec des couleurs vives, chaudes, et des contrastes de couleurs qui dégagent un sentiment d'optimisme pour l'avenir . Pour lui, simplifier les formes c'est permettre au spectateur de mieux se projeter dans les personnages, de retrouver dans les émotions qu'ils dégagent des souvenirs de sa propre enfance."

Ce qu'en dit Pascale : "L'histoire terrible de leur courte existence devrait nous tirer les larmes mais le réalisateur choisit l'aspect positif et les moments de résistance, de joie, d'entraide, de solidarité. Ceux où l'amitié et les sentiments sont plus forts que l'adversité sans pour autant éluder les raisons qui font que ces enfants sont là plutôt que dans leur famille. Ces enfants terriblement blessés par la vie sont entourés d'adultes bienveillants qui les protègent et leur permettent d'accéder à l'insouciance de l'enfance auquel tout enfant devrait avoir droit."

Ma vie de courgette vient de recevoir deux prix à la dernière cérémonie des César 2017 : le César de la meilleure adaptation pour Céline Sciamma et le César du meilleur long-métrage d'animation pour Claude Barras. Personnellement, je me fiche pas mal des prix mais je suis contente pour toute l'équipe du film, félicitations à toutes et à tous !

vendredi 24 février 2017

Le peintre Vladimir Baranoff-Rossiné

Né à Kherson dans une famille juive ukrainienne en 1888 et mort en janvier 1944 à Auschwitz, Vladimir Baranoff-Rossiné est un musicien, peintre et sculpteur russe d'inspiration futuro-cubiste. Il est également connu  pour ses inventions synesthésiques consacrées à l’union du son, de la forme et de la couleur.











jeudi 23 février 2017

Destins d'animaux de Franz Marc

 Et tout Être est agonie flamboyante

Franz Marc (Munich, 1880 - Verdun, 1916) est un peintre expressionniste allemand. L'animal est son sujet de prédilection : pur, vrai, il n'est pas dénaturé par la civilisation et toutes les conventions qui faussent l'existence de l'homme. L'animal est comme une créature de rêve, une projection poétique, un symbole. Il rencontre en 1912 le peintre Robert Delaunay,  principal représentant du mouvement orphiste, branche du cubisme et important mouvement d'avant-garde du début du XXe siècle. Dorénavant, les formes et les couleurs de Franz Marc se fragmentent, se chevauchent ou s’interpénètrent par endroits. Mobilisé en 1914, il tombera deux ans plus tard à Verdun. 

La peinture intitulée Destins d'animaux a été réalisée trois ans avant sa mort sur le front de la Première Guerre mondiale. Ce tableau, qui annonce la vision apocalyptique de la guerre, est l'une de ses œuvres les plus connues.

Destins d'animaux de Franz Marc, 1913
Kunstmuseum Basel, Suisse

mercredi 22 février 2017

Aquarius de Kleber Mendonça Filho

Aquarius de Kleber Mendonça Filho
Avec Sônia Braga, Maeve Jinkings, Irandhir Santos
Brésilien, Français - Sortie 2016


Synopsis 

Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale, est née dans un milieu bourgeois de Recife, au Brésil. Elle vit dans un immeuble singulier, l'Aquarius construit dans les années 40, sur la très huppée Avenida Boa Viagem qui longe l’océan. Un important promoteur a racheté tous les appartements mais elle, se refuse à vendre le sien. Elle va rentrer en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, son passé, ceux qu’elle aime.


Mon avis

Un film qui a fait beaucoup parler de lui l'année passée. Et que j'ai eu la chance de rattraper dernièrement, dans la mesure où il est toujours diffusé dans une des salles d'un petit cinéma bruxellois. J'avoue avoir hésité à le commenter : que vais-je pouvoir vous dire de plus par rapport à tout ce qui a déjà été écrit sur ce film ? Pas grand chose, je le crains, mais je me lance quand même, au cas où ce billet se révèlerait une belle piqûre de rappel pour l'un ou l'autre de passage sur ce blog.

On a entendu partout que ce film était une dénonciation de la corruption d'un pays gangréné, notamment par la spéculation immobilière. Cette corruption prend ici la figure d'un jeune homme fraîchement diplômé d'une école de management américaine, et il faut voir à quel point son cynisme et sa détermination implacable contrastent avec son allure tellement affable et sympathique en apparence. Cela fait froid dans le dos et la confrontation entre cet homme et Clara constituent  l'un des points forts du film.

Sympathique, Clara ne l'est pas vraiment. Elle fait même partie d'une classe assez aisée qui n'est pas à l'abri de ses propres contradictions. Mais cette femme, qui refuse de vendre son bien (elle est bien la seule d'ailleurs de tout l'immeuble), est prête à résister et à lutter pour garder son lieu de vie,  riche de souvenirs et faisant partie de son identité. Clara est une femme de plus de soixante ans qui a déjà livré d'autres batailles dans sa vie (le cancer du sein et son ablation, la perte de son époux).  Belle, sensuelle, libre, insoumise et dotée d'un sacré tempérament, Aquarius de Kleber Mendonça Filho  est aussi et avant tout un portrait saisissant de cette femme hors norme. C'est intéressant d'ailleurs de voir à quel point sa personnalité s'inscrit véritablement dans la généalogie de sa famille, avec comme point de mire un souvenir avec sa tante, une femme déjà anticonformiste et audacieuse pour son époque. C'est également la personnalité de la fille de Clara qui retient toute notre attention, qui se distingue volontiers de ses frères en s'opposant ouvertement à sa mère. Cette force des liens familiaux, l'importance de la transmission, ce rapport au temps qui passe vont également à l'encontre d'une société consumériste du prêt à jeter. Un rôle sur mesure pour Sônia Braga, absolument magnifique dans ce rôle de femme "résistante" à sa façon.


J'ai aimé ce qu'en dit Fernand Denis : "L’élégance de sa mise en scène, sa fin aussi inoubliable que rageuse, sa résonance avec le présent, sa valeur universelle; "Aquarius" figure parmi les trois meilleurs films de Cannes 2016. Son absence au palmarès en est la preuve irréfutable."

Et j'ai aimé ce qu'en dit Strum : " [...] l’Aquarius, où elle a aimé son mari et élevé ses enfants, est pour elle indissociable de sa vie passée ; c’est une part d’elle-même. Le quitter, c’est mourir, et Clara qui a survécu à un cancer 35 ans auparavant, a décidé de vivre. Elle n’a plus peur de rien, pas même d’un appartement solitaire plongé dans l’obscurité.  Pour filmer ce désir de vie, Kleber Mendonça Filho a recours à une image : il filme les longs cheveux noirs de Clara, qui étaient coupés lorsqu’elle luttait contre son cancer, comme  un  défi jeté à la mort, comme le fleuve de sa vie, fait d’une multitude d’affluents noirs de jais. Souvent pendant le film, Clara défait ses longs cheveux et les secoue vigoureusement : c’est sa manière d’affirmer qu’elle est vivante, qu’elle possède la force d’une amazone, pas seulement parce qu’elle aussi a le sein droit coupé."

Et enfin, je laisse le dernier mot à Martin, d'autant plus que je le rejoins aussi dans son appréciation : "Il n'en reste pas moins vrai qu'un peu avant la fin, j'ai été un peu gêné aux entournures. L'incontestable dignité de cette femme debout a fini par me poser question. Son obstination à vivre sa vie selon ses choix a alors pu m'apparaître comme de l'intransigeance, surtout vis-à-vis de gens moins favorisés (sa domestique étant une bonne illustration). Or, il m'a semblé qu'à chaque fois que la personnalité et les décisions de Clara allaient contre celles d'un autre personnage, c'est toujours aux côtés de son héroïne que le film se rangeait."

lundi 20 février 2017

Harmonium de Kôji Fukada

Fuchi ni tatsu de Kôji Fukada
Avec Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui, Kanji Furutachi
Japon, Sortie 2017


Synopsis

Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d'Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l'harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié. 


Mon avis

Comment l'arrivée d'un homme, au passé trouble et sorti de prison après avoir purgé une longue peine pour meurtre, va-t-elle rompre l'équilibre d'une famille en apparence tranquille mais déjà fragilisée avant sa venue ? Quel lien entretient cet homme avec le père de famille ? Quel est donc ce secret qu'ils partagent mais qu'ils ne divulguent pas à leur entourage ? Nous assisterons au vacillement d'une famille sous le poids du silence, des non-dits, de la culpabilité, de la violence et des secrets du passé.

Harmonium de Kôji Fukada est un film tout en retenue, minimaliste et intense à la fois. Subtil et volontiers ambigu, chaque personnage garde sa part de mystère et on ne comprend pas toujours les motivations des uns et des autres. Et si les sentiments et les ressentiments restent bien enfouis sous une chape de béton, les pulsions, désirs et autres frustrations finissent toujours par s'infiltrer dans les lignes de faille. Un film qui nous conduit à la tragédie à pas feutrés et une vision résolument pessimiste et assez cinglante de la famille en général et du couple en particulier.  On n'en reste pas moins touché par l'extrême solitude de tous les personnages.

J'ai apprécié cette partition dramatique dépouillée de toute fioriture, et ce malgré son ton résolument défaitiste et dans lequel les expiations diverses, y compris celles transmises par héritage et filiation,  se font la part belle. Les enfants, agneaux sacrifiés sur l'autel du pardon et de la vengeance,  devront-ils toujours payer pour la faute de leur père ? Il y a finalement quelque chose de très christique dans ce film, qui aborde aussi en filigrane la religion et la foi, piètres consolations pour nos âmes en peine.

J'ai aimé ce qu'en dit Alain Lorfèvre : "Le cinéma de Koji Fukada, à l’instar de ses personnages, est tout sauf démonstratif. Son sens réside autant dans ce qui est dit et montré que dans ce qui ne l’est pas. Comme celle de l’harmonium de Yasaka, sa musique est a priori austère et singulière, un peu âpre. Mais elle a de la profondeur."

Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute pour moi que le japonais Kôji Fukada est un réalisateur à suivre. Un dernier mot sur l'affiche du film, que j'apprécie beaucoup : on dirait presque une toile de Vermeer, peintre par excellence de la solitude mais bien plus douce et apaisée que celle présente dans le film, plus résignée que réconfortante.



dimanche 19 février 2017

Angle mort de Nabil Ben Yadir

Dode Hoek de Nabil Ben Yadir
Avec Peter Van den Begin, Soufiane Chilah, David Murgia, Jan Decleir, Ruth Becquart
Belgique,  Date de sortie: 25/01/2017


Synopsis

Jan Verbeeck est le flic le plus populaire de Flandre. Commissaire de la brigade des stups à Anvers, il a démantelé plusieurs réseaux de trafiquants et beaucoup considèrent que la ville est plus propre grâce à lui. A la surprise générale, il annonce sa démission pour rejoindre les rangs d'un petit parti extrémiste, le VPV. Mais lors de sa dernière sortie en tant que commissaire qui le mène jusqu'à un labo clandestin à Charleroi, son passé refait surface... 


Mon avis

Le troisième long métrage de Nabil Ben Yadir est un cocktail détonnant mélangeant allégrement les ingrédients du film noir, du thriller politico-policier et de la tragédie grecque. Un film tout en tension qui appuie à fond sur l’accélérateur et qui nous embarque immédiatement sans jamais nous lâcher : c'est vif, brut de décoffrage, violent et engagé politiquement. La musique, très présente, renforce ce côté sombre et anxiogène.  Aucun temps mort, montage nerveux, scénario qui ne fait pas dans la dentelle ni dans la nuance (on peut même dire qu'il y va à la truelle parfois) et furieusement d'actualité (la question communautaire et la tendance sécuritaire).  Angle mort de Nabil Ben Yadir, c'est aussi une intrigue plus intimiste digne de Shakespeare mais située dans le triangle des Bermudes belgicains (Bruxelles, Anvers et Charleroi).

Peter Van den Begin (déjà vu dans La cinquième saison de Peter Brosens et Jessica Woodworth, Waste Land de Pieter Van Hees ou dernièrement dans Les Ardennes de Robin Pront) est, comme à son habitude, excellent. Puis quelle gueule aussi, j'adore. La surprise vient plutôt du jeune Soufiane Chilah, que je découvre pour la première fois mais qui fera beaucoup parler de lui dans les années à venir. On appréciera aussi l'acteur David Murgia, déjà vu dans Bullhead de Michaël R. Roskam, Le Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael ou Geronimo de Tony Gatlif. Un acteur que je suis depuis 2009 (La Régate de Bernard Bellefroid) et que j'ai plaisir à voir évoluer au fil du temps, tant son jeu s'affine de plus en plus et gagne en maturité. Il a reçu cette année le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle pour Les premiers, les derniers de Bouli Lanners (qui a raflé cette année cinq Magritte, pas mal Bouli, et c'est mérité en plus).

J'ai trouvé ce film efficace dans son genre. Un conseil : à voir absolument en VO, pour savourer la langue de Vondel.  Contrairement à mes habitudes, je vous mets en ligne la B.A. : 1) pour vous familiariser un peu avec le flamand, 2) parce qu'elle rend bien compte de la musique et de l'ambiance du film, 3) parce qu'elle ne dévoile pas tout le film, que du contraire.