mercredi 24 mai 2017

Marie et les naufragés de Sébastien Betbeder

Marie et les naufragés de Sébastien Betbeder 
Avec Vimala Pons, Pierre Rochefort, Eric Cantona, Damien Chapelle, André Wilms, Emmanuelle Riva, Wim Willaert
France, 2016


Synopsis

"Marie est dangereuse", a prévenu Antoine. Ce qui n'a pas empêché Siméon de tout lâcher, ou plus exactement pas grand-chose, pour la suivre en secret. Oscar, son co-locataire somnambule et musicien, et Antoine, le romancier en mal d'inspiration, lui ont vite emboîté le pas. Les voilà au bout de la Terre, c'est-à-dire sur une île. Il est possible que ces quatre-là soient liés par quelque chose qui les dépasse. Peut-être simplement le goût de l’aventure. Ou l'envie de mettre du romanesque dans leur vie...


Mon avis

J'apprécie volontiers les "petits" films au ton décalé, mélancolique et loufoque à la fois, et ce n'est pas cette comédie romantique sans prétention qui le démentira. L'atout charme du film est d'ailleurs nettement du côté des personnages et des acteurs qui les interprètent, allant de la délicieuse Vimala Pons au mélancolique (mais presque drôle malgré lui) Eric Cantona, en passant par les apparitions furtives (mais qui ne passent pas inaperçues) d'Emmanuelle Riva ou de Wim Willaert. Des personnages aussi attachants qu'un peu allumés et comme à la marge. De quoi exactement ? Je n'en sais rien, mais ils naviguent plus volontiers à la  périphérie de la société qu'en son centre, loin des sentiers balisés mais aux confins des espaces singuliers.  Il y a bien quelques petits passages à vide mais rien de bien dramatique non plus, tant on a du plaisir à se laisser porter par les flots, quelle que soit la vitesse du vent.

Une comédie légère, amusante et bien sympathique, qui se savoure comme une gourmandise un soir de pluie. Et parfois, on n'a vraiment pas envie d'autre chose. Sébastien Betbeder signe ici son quatrième long métrage, qui fait suite à son précédent film,  "2 automnes 3 hivers",  que j'avais bien aimé également.



C'est le commentaire de Laurent qui m'avait donné envie de voir ce film : " Sébastien Betbeder confirme avec ce long métrage son identité et sa touche personnelle, en grande partie parce qu'il se penche avec une belle tendresse sur des personnages un peu fracassés. Les filmant au plus près, au point qu'on se sente parfois juste à côté d'eux, il leur donne vie de jolie manière dans un drôle de petit film doux-amer, malgré quelques moments de pédalage à vide. "

samedi 20 mai 2017

La photographe russe Anka Zhuravleva : l'orange est une couleur chaude

@Anka Zhuravleva

@Anka Zhuravleva

@Anka Zhuravleva

@Anka Zhuravleva

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@Anka Zhuravleva

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@Anka Zhuravleva

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samedi 6 mai 2017

Voici venu le temps d'une petite pause printanière

Taormina http://www.taormina.it/

Taormina, Catania, Syracuse, Noto, Agrigento, Marsala, Trapani, Palerme... rien que les noms me font rêver. Ce blog est en mode pause pour une durée indéterminée ;-)


Et c'est Barbara Stanwyck qui aura l'honneur de vous envoyer un dernier baiser avant mon retour !

vendredi 5 mai 2017

La Grande Muraille de Frank Capra

The Bitter tea of General Yen de Frank Capra
Avec Barbara Stanwyck, Walter Connolly, Nils Asther
États-Unis, 1933

Synopsis

C'est pour épouser le docteur Robert Strike que Megan Davis, missionnaire, arrive à Shanghai en pleine guerre civile. Alors qu'elle tente, avec son futur mari, d'évacuer des enfants de la zone la plus dangereuse, elle s'évanouit dans la foule des réfugiés sous les yeux du general Yen. Elle est alors condamnée à rester dans la résidence d'été de ce dernier tant que le pays sera troublé par la guerre. Peu a peu Megan tombe amoureuse du général.


Mon avis

Quelle surprise, mes amis ! Je m’attendais à voir un film « mineur » de Frank Capra (il faut bien reconnaître que ce titre ne nous vient pas immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque sa filmographie), et je me retrouve en final avec une petite merveille. Le réalisateur américain d’origine italienne, né en 1897 à Palerme avant d'émigrer avec sa famille en 1903 aux États-Unis, connaîtra la célébrité et le succès public grâce aux comédies américaines dans lesquelles le moralisme et les bons sentiments se conjuguaient avec un certain bonheur.  Mais il ne s'est pas cantonné à ce genre,  réalisant le plus souvent des mélodrames dans les années trente, avec la plupart du temps Barbara Stanwyck comme interprète principale.

Bien éloigné de la comédie, La Grande Muraille est donc un drame romantique assez surprenant pour l’époque, puisqu’il met en scène une missionnaire bon teint et bien naïve (Barbara Stanwyck) tombant dans les griffes d’un seigneur de guerre chinois (Nils Asther), qui l’enlève et la séquestre dans un pays en pleine révolution. L’originalité réside moins dans cette rencontre improbable que dans l’évolution du personnage féminin au contact de cet homme, qui suscite en elle un mélange de fascination et de répulsion. Un homme charismatique et assez captivant lorsqu'il se révèlera au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, à l'issue forcément, fatalement, nécessairement, inévitablement (je fais un peu dans le style durassien, non ?) tragique.

Je dois bien avouer que je suis en général la première à râler lorsque je vois « un acteur blanc » grimé pour jouer un chinois, mais le jeu tout en intériorité et en sobriété de l’acteur suédois d’origine danoise Nils Asther a balayé complètement mes réticences. Cet acteur est une petite révélation en ce qui me concerne et je suis d’autant plus chagrinée d'apprendre que ce fut là son seul grand rôle au cinéma. Quel dommage et quelle erreur surtout.  Messieurs les réalisateurs et producteurs, vous êtes passés à côté d'un acteur prometteur.

Le film, interdit de nombreuses années par la censure dans plusieurs pays à cause de cet amour « interracial », n’a malheureusement pas rencontré son public à sa sortie aux États-Unis.  Il n’en demeure pas moins un des films préférés de son réalisateur Frank Capra.  La photographie du film, qu'on doit à Joseph Walker, le soin apporté aux décors et aux costumes participent aussi à la réussite du film.




Ce qu'en dit L'oeil sur l'écran, je cite un extrait : "Loin de reproduire les stéréotypes raciaux de l’époque, le film n’épargne guère les missionnaires, montre les différences de culture et surtout aborde de front la question des amours interraciaux, sujet tabou. Tout cela est fait de façon subtile, sans profusion de dialogues. Le point fort, et presque son pivot central, est cette étonnante (et célèbre) scène du rêve où le tabou est transgressé. "

Trouvé sur Wikipedia : "Le film est une des plus belles réussites personnelles du Capra de cette période, grâce également à son chef opérateur Joseph Walker, il va réaliser un film élégant, sombre et mystique avec une atmosphère à la Sternberg (...) "

jeudi 4 mai 2017

Cœurs brûlés de Josef von Sternberg

Morocco de Josef von Sternberg
Avec Marlene Dietrich, Gary Cooper, Albert Conti
États-Unis, 1930


Il avait de grands yeux très clairs
Où parfois passaient des éclairs
Comme au ciel passent des orages
Il était plein de tatouages
Que j'ai jamais très bien compris
Son cou portait: "Pas vu, pas pris."
Sur son cœur on lisait: "Personne"
Sur son bras droit un mot: "Raisonne"
Mon légionnaire
Paroles de Raymond Asso 
Musique de Marguerite Monnot 


Synopsis

Sur un paquebot, en vue des côtes marocaines, une jeune femme refuse l'offre que lui fait un homme distingué, monsieur La Bessière, mécène fortuné, dilettante et peintre à ses heures perdues, de l'aider à s'installer dans le pays. A Mogador, elle est engagée pour chanter, sous le nom d'Amy Jolly, dans un cabaret où se mêlent notables influents et soldats de la Légion étrangère. Elle remarque un beau légionnaire, Tom Brown, et glisse dans sa main la clef de sa chambre. Tom est séduit mais réticent. De son côté, La Bessière est amoureux et entreprenant. Lequel des deux emportera le coeur de la belle artiste de cabaret ?...

Source du résumé

Mon avis 

Morgue, ironie, arrogance, attraction irrépressible, enchantement et désenchantement, Morocco est par excellence le film des amours impossibles.  Vous savez, lorsque la gamme des amours se joue sur un air sombre à tonalité fatale, lorsqu’on ne choisit pas mais qu’on est pris dans ses filets et qu’il ne reste plus qu’à se laisser emporter par les flots dans un abandon total, ou plutôt à se perdre dans les grandes étendues sablonneuses. La liberté d'aimer a un prix, celui des battements de cœur des passions déraisonnables et contrariées (ça ne veut rien dire mais ce film m'inspire des envolées lyriques).  La fin du film est magnifique. Et Marlene Dietrich est impériale, comme toujours.



L'histoire de Pygmalion et de Galatée commence avec L'Ange bleu (Der Blaue Engel, 1929), lorsque Josef von Sternberg porte son choix sur Marlene Dietrich, une quasi-débutante pour incarner la sensuelle Lola-Lola.  Le réalisateur et l'actrice tourneront ensemble sept films, dont  Cœurs brûlés (Morocco) en 1930, Agent X 27 (Dishonored) en 1931,  Shanghaï Express en 1932, Blonde Vénus en 1932,  L'Impératrice rouge (The Scarlet Empress) en 1934,  La Femme et le Pantin (The Devil is a Woman) en 1935.
  
En faisant référence à la fin du cycle Marlene, Josef von Sternberg déclara : "J'ai cessé de faire du cinéma en 1935". Bel hommage à sa muse.


Eeguab nous en parle, je le cite : « Marlene ne serait rien sans Josef von Sternberg mais les films de Sternberg sans Marlene sont en général à peu près sans intérêt. »

Marlene Dietrich


mercredi 3 mai 2017

Citation du jour : Madame de Staël

Dans un état démocratique, il faut craindre sans cesse que le désir de la popularité n’entraîne à l’imitation des mœurs vulgaires ; bientôt on se persuaderait qu’il est inutile et presque nuisible d’avoir une supériorité trop marquée sur la multitude qu’on veut captiver. Le peuple s’accoutumerait à choisir des magistrats ignorants et grossiers ; ces magistrats étoufferaient les lumières ; et, par un cercle inévitable, la perte des lumières ramènerait l’asservissement du peuple.

Madame de Staël, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales



Vient de paraître : Madame de Staël, Œuvres 
Édition de Catriona Seth avec la collaboration de Valérie Cossy
Parution le 20 Avril 2017 
Bibliothèque de la Pléiade
1728 pages

dimanche 30 avril 2017

Bilan du mois d'avril 2017

Films vus au cinéma, par ordre de préférence


The Lost City of Z de James Gray ****
Ghost In The Shell de Rupert Sanders ****
Life : Origine inconnue de Daniel Espinosa **(*)

Scarlett Johansson dans Ghost in the Shell


Mon Top 4 des autres films


Divines (2016) de Houda Benyamina ***
Le client (2016) d'Asghar Farhadi ***
Ghost in the Shell 2: Innocence (2004) de Mamoru Oshii ***
Copland (1997) de James Mangold ***
Le sacrifice (1986) d'Andreï Tarkovski ***
2010 : L'Année du premier contact (1984) de Peter Hyams **(*)
Esclave de l'amour (1976) de Nikita Mikhalkov ****
Le prêteur sur gages (The Pawnbroker, 1964) de Sidney Lumet ***
Quand passent les cigognes (1957) de Mikhail Kalatozov ***
New York - Miami (It Happened One Night, 1934) de Frank Capra  ****
La Grande Muraille (The Bitter tea of General Yen, 1933) de Frank Capra ****
Morocco (1930) de Josef von Sternberg ****

Marlene Dietrich, photo prise pour la promotion de Morocco



Je les ai revus / Mes préférés


Ghost in the Shell (1995) de Mamoru Oshii ****
Beetlejuice  (1988) de Tim Burton ****
Alien, le huitième passager (1979) de Ridley Scott ****
Superman (1978) de Richard Donner ***
Les Frissons de l'angoisse (Profondo rosso, 1975) de Dario Argento ***
Le miroir (1974) d'Andreï Tarkovski ****
Nos plus belles années (The Way We Were, 1973) de Sydney Pollack ***
2001, l'Odyssée de l'espace (1968) de Stanley Kubrick ****
Les nerfs à vif (Cape Fear, 1961) de Jack Lee Thompson ***


Sigourney Weaver en hibernation dans Alien, le huitième passager
 



J'ai bien aimé / Lectures


Journal 1970-1986 d'Andreï Tarkovski **(*)
Le Temps scellé d'Andreï Tarkovski ****
Tarkovski, Collectif  ****
Récits de jeunesse d'Andreï Tarkovski **(*)
Bruits du cœur de Jens Christian Grøndahl  ***
Histoire de la pensée : D'Homère à Jeanne d'Arc de Lucien Jerphagnon ***

Collection Apprendre à philosopher, Aristote
Collection Apprendre à philosopher, Voltaire
Collection Apprendre à philosopher, Kant
Collection Apprendre à philosopher, Socrate